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L’histoire des plantations du canal du Midi

publié le 12 octobre 2011 (modifié le 21 mars 2018)

Les plantations du canal du Midi connaissent aujourd’hui une mutation profonde avec les ravages du chancre coloré qui condamne, à terme, les platanes et la restauration de ce patrimoine arboré qui constitue l’un des éléments fondamentaux du patrimoine de ce canal.

Entrons dans l’histoire des plantations le long de l’ouvrage de Riquet.

Des rives sans arbres... aux premières plantations. 1680 / 1810

A l’origine de la construction du canal par Pierre-Paul Riquet, le canal du Midi n’était pas bordé de longues lignées d’arbres. Des plantes héliophytes ou arbustes permettaient de maintenir les terres fraichement remuées.


Pour autant, des gravures anciennes montrent, ici ou là, des dessins d’écluses avec quelques arbres plantés en bordure des ouvrages ou des dérivations.

Au XVII° siècle, un mémoire montre combien "M. Riquet pourrait tirer de grands avantages et gros revenus de tous les terrains des deux cotés du canal...". Dès lors, le canal connait une série de campagnes de plantations dont l’objectif était essentiellement "marchand", tout en continuant d’assurer par leur systèmes racinaires, la tenue des berges.

Quelles essences en 1772 ? Les documents conservés aux Archives des canaux du Midi recensent la liste des variétés d’arbres "cultivés" qui ornent les deux rives du canal : muriers (pour la culture du vers à soie), saules, peupliers, ormes, chênes, frènes, oliviers, aulnes et arbres fruitiers.

Autour des grandes villes, des pépinières s’organisent pour fournir les plants nécessaires. Pendant la première moitié du XIX° siècle, des campagnes de reboisement sont lancées par les services gestionnaires du canal. Le double alignement d’arbres commence alors de dessiner le canal dans le paysage.

Du platane... au classement UNESCO 1850 / 1996

La gestion du canal du Midi confiée à la Compagnie des Chemins de Fer du Midi (1858-1898) va donner l’occasion d’une première "gestion des plantations" pour les seuls usages de la voie d’eau.

D’abord, par l’entretien des vieilles plantations, la prise en compte des spécificités locales (plantations de pins coupe-vent à Béziers Fonserannes), et par la généralisation du platane dans de vastes programmes de replantation du canal.

Pourquoi le platane ? Parce que cet arbre est abondant localement, économique, exige peu d’entretien (travail des éclusiers), a besoin d’eau, mais surtout, son système racinaire très développé assure une excellente tenue des berges et son feuillage imposant créé une "cathédrale d’ombre" bienfaisante pour la navigation, tout en limitant l’évaporation du miroir d’eau.

Depuis cette époque, l’’’image emblématique’’ du canal s’inscrit dans le caractère monumental des alignements qui vont constituer l’un des critères qui ont justifié l’inscription du canal du Midi au Patrimoine mondial de l’humanité par l’UNESCO, le 7 décembre 1996. En 1997, le ministère de l’environnement classe l’ouvrage de Riquet et son système alimentaire au titre de la loi de 1930 sur la protection des Sites.

Les plantations actuelles du canal

Aujourd’hui, nous sommes les héritiers de ce patrimoine végétal exceptionnel.

Sur les 45 000 arbres d’alignement du canal du Midi, 42 000 sont des platanes. Ils couvrent 62.5% du linéaire planté et 95% du linéiare d’alignement ! Les bandes arborées ou boisées représentent 35% du linéaire du canal et 19 essences d’alignement.