Envoyer à un ami  Imprimer  Augmenter la taille du texte  Réduire la taille du texte
Histoire et Archives

Les magasins des bois à Castelnaudary

partager sur facebook partager sur twitter
publié le 6 mai 2008 (modifié le 7 octobre 2011)

Sur le bord sud du grand bassin de Castelnaudary, se trouvent deux grands entrepôts qui appartiennent au Service de la Navigation. Ces bâtiments furent construit entre 1738 et 1750.

Au 18ème siècle, les activités qui se développaient sur le canal du Midi étaient consommatrices de bois. Les propriétaires du canal possédaient des bois dans la Montagne Noire qu’ils faisaient exploiter pour leurs besoins (remplacement des portes d’écluse, construction des barques, etc...). Mais les bois de la Montagne Noire ne suffisaient pas aux besoins du canal. L’administration du canal du Midi devait donc acheter d’importants compléments aux négociants.
Castelnaudary était une plaque tournante de ce commerce. La forte activité des chantiers naval implantés sur le bord sud du grand bassin explique en partie la présence de grands stocks de bois destinés à la vente.

En 1738, Pierre Théron, chirurgien de Castelnaudary, fait vente d’une pièce de terre labourable jouxtant les chantiers naval au sud du bassin de Castelnaudary en faveur d’une compagnie représentée par M. François Loudes. Ceux-ci firent construire (en 1739 ou 1740) un grand bâtiment pour enfermer les bois qu’ils destinaient à la vente (celui où est aujourd’hui le centre d’exploitation, à gauche de l’image). Cette compagnie fournissait ainsi du bois à l’administration du canal, souvent à un prix jugé très élevé.
Afin de mieux contrôler les dépenses occasionnées par l’achat des bois, l’administration du canal fit construire en 1748 son propre magasin, sur le bord même du grand bassin, à l’endroit où était une partie des chantiers naval (à droite sur l’image, ce bâtiment est aujourd’hui loué à la Crown-Blue-Line).
Des bois provenant de la Montagne Noire et d’autres sites d’exploitation y furent stockés, privant la Compagnie Loudes d’une grande source de rapport. En 1755, la compagnie finit par vendre son magasin à l’administration du canal.
De 1755 à 1828, les deux magasins furent destinés au stockage des bois. Puis, celui le plus proche du bassin fut converti en atelier de construction de porte d’écluse.En 1840, les deux bâtiments servaient en magasins et ateliers de charpente pour la fabrique des portes d’écluse. Le vieux magasin servait également de stockage pour la pouzzolane et les engins d’exploitation.
Le vieux magasin semble être resté affecté aux besoins de la subdivision de Castelnaudary (devenue Centre d’exploitation en 1973). Le magasin près du bassin fut alloué aux concessionnaires des chantiers de radoub avant d’être occupé par la compagnie Crown-Blue-Line.

Pièces justificatives :

207-39 / 31 mars 1738 :
M. Pierre Théron, chirurgien de Castelnaudary, fait vente d’une pièce de terre labourable au sud du bassin de Castelnaudary en faveur de M. François Loudes et Compagnie.
Le 08 juillet 1755, le sieur François Loudes, négociant, fait vente en faveur des propriétaire du canal d’un grand magasin de fond en comble ainsi qu’il se comporte que lesdits seigneurs propriétaires veulent unir et incorporer audit canal, ensemble le terrain dépendant dudit magasin...

Etat de projet/ 1748 :
Pour construire un grand magasin prés du chantier des barques à Castelnaudary, pour y enfermer les bois du canal.............6000 Livres.

816-01/ Etat du personnel 1774 :
M. Serre, régisseur du magasin des bois de 1746 à 1769.
M. Lacoste à partir de 1770.

510-04/ octobre 1752 :
Le long du grand bassin de Castelnaudary il y a deux grands magasins qui renferment les bois de chêne en provision pour le canal.
Attenant le premier magasin coté du marin ( ?) il y a un petit magasin pour les matériaux en provision pour les radoubs des barques de poste.

117-01/ 1755 :
Procès-verbal de la visite des propriétaires du canal (feuillets 96 et 97).
Le grand magasin de bois de charpente de toute espèce tant pour celle du canal, que pour mettre en vente, est placé au coté gauche du bassin de Castelnaudary vers le milieu. Ce bel ouvrage a coûté douze mille francs de bâtisse, et est aussi solide qu’on puisse le désirer. Il contient une partie de bois très considérable qu’on a acheté dans la forêt de Manse. On fait escarier et travailler ce bois. Et on a rangé avec soin les différentes pièces de construction des écluses qui sont toutes étiquetées. On a séparé des bois pour l’usage du canal les pièces qui peuvent servir soit pour la construction des vaisseaux, soit pour la charpente civile ; et on vend ces bois inutiles pour en racheter d’autres qui soient propres à la construction du canal. Par cette grande quantité de bois qui ne nous revient qu’à vingt deux sols le pied-cube, nous avons forcé nos entrepreneurs de nous fournir toute la charpente du canal au même prix en leur offrant de leur vendre le notre à vingt deux sols. Par ce moyen, on a diminué de prés de huit sols par pied-cube le prix de la charpente du canal et on a forcé le propriétaire d’un très grand magasin qui nous vendait le bois fort cher de nous céder son magasin sur le pied de vingt deux sols [...].
A coté de ce grand magasin en est un moins considérable pour les bois de construction des barques de poste où il y a de plus une chambre et un bureau.
Plus loin est le magasin que nous avons acquis par la construction de celui dont je viens de parler. Il est rempli de bois de toutes espèces. On y trouve un bureau et un petit magasin séparé pour la ferrure, au dessus duquel est une chambre et une volière, le tout en bon état.

123-27/ mai 1766 :
Visite du département de Castelnaudary par le Directeur général.
A la banquette de pierre de taille du bassin côté du midi depuis le magasin neuf des bois jusqu’à l’épanchoir à fond il manque 10 toises de couronnement.
Le magasin neuf serait donc celui qui est sur le bord du bassin, l’autre étant le vieux.

510-64/ 11 frimaire An 14 :
Le magasin de provision pour le radoub des barques était équipé d’un logement noté peu salubre. L’ingénieur de la division propose de rehausser une partie du bâtiment pour en améliorer l’habitabilité.

517-71/ 1828 :
Le magasin de St Roch (en parallèle de l’écluse) n’étant pas suffisant pour la construction des portes d’écluse et la vente des bois de l’entrepôt ayant rendu libre un des magasins qui les renferment, les ateliers y ont été transférés.
Le magasin transformé en atelier est celui construit en parallèle du mur de quai du grand bassin aujourd’hui occupé par la Crown-Blue-Line (voir la lettre 510-67 du 19 juin 1826).