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Histoire et Archives

Le canal de la Jonction et de la robine de Narbonne

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publié le 29 mai 2008 (modifié le 2 juin 2008)

Aussi appelé embranchement de La Nouvelle, il établit la relation entre la voie principale (canal du Midi) et le port de La Nouvelle.
Il se compose du canal de Jonction, de la traversée de l’Aude et du canal de la Robine. Sa longueur est de 37 kilomètres.
Le canal de la Jonction comporte 8 écluses rachetant une dénivellation de 23,24 mètres. Il est alimenté par le canal du Midi.
Celui de la Robine comporte 6 écluses rachetant une dénivellation de 8,30 mètres. Il est alimenté par l’Aude grâce à la chaussée de Moussoulens.

Ces deux éléments sont historiquement très différents.
Le canal de la Robine est un ancien bras de l’Aude, aménagé dès le 14ème siècle pour garantir l’alimentation en eau des moulins de la ville de Narbonne. Il était inclus dans le premier projet de construction du Canal des Deux Mers, mais l’orientation donnée à celui-ci par Riquet le laissa de côté. Après l’ouverture du canal du Languedoc, des efforts de canalisation furent entrepris pour préparer la robine à s’ouvrir à la navigation. Les 4 écluses entre l’Aude et Narbonne furent construites vers 1686. Il manquait désormais la liaison entre l’Aude et le grand canal.

Extrait de la "Carte du nouveau canal et de la Robine de Narbonne depuis le grand canal jusques à la mer", 1776.
Extrait de la "Carte du nouveau canal et de la Robine de Narbonne depuis le grand canal jusques à la mer", 1776.
C 39-n°7

Pour remédier à l’isolement de la ville de Narbonne, sa communauté menée par l’archevêque (qui était également le président des Etats du Languedoc) fit pression pour que soit ouverte une Jonction entre le canal du Languedoc et le siège archiépiscopal.
L’administration du canal du Languedoc s’opposa à sa construction tant qu’un renforcement de l’alimentation en eau de l’ensemble du système ne fut pas étudié.
C’est finalement en 1776 que commença la construction des premiers ouvrages : en premier le barrage du Lampy dans la Montagne Noire pour renforcer les besoins de l’alimentation ; ensuite les ouvrages de navigation entre le canal et l’Aude. D’importants travaux de redressement du lit de la robine furent menés conjointement.
La Jonction fut ouverte en 1782. Des travaux de parachèvement suivirent (les principaux bâtiments furent édifiés en 1785).
« Le canal de Jonction a été exécuté aux frais des Etats avec le plus grand luxe. C’est un vrai modèle pour tout les ouvrages de ce genre » lit-on dans le Guide du voyageur sur le canal du Midi édité en 1853.

Eléments remarquables du parcours Narbonne - Le Somail

- Narbonne : le pont des marchands
- Narbonne : écluse de la ville (1686) et son moulin
- Ecluse du Gua (1686) et son moulin : l’implantation des moulins est antérieure à la création du canal. Ils sont placés sur la Robine à proximité de la ville.
- Bief du Gua : contour de Lamothe : le plus grand méandre de l’ancienne Robine. C’est sur ce bief que les efforts de redressement ont été les plus marqués (vers 1780).
- Ecluse du Raonel (1686)
- Bief du Raonel : le pont vieux de Moussoulens dessert la propriété de Moussoulens proche (liaison avec Védillan et Narbonne). Le gros œuvre est du début du 15ème siècle. Ce pont a été réparé en 1838, élargi en 1881. Il est en cours de restauration.
- Ecluse de Moussoulens (1686) : derrière les portes de garde, l’Aude. Quand le fleuve grossit, les portes sont fermées, empêchant les crues de faire irruption dans la Robine. On peut dire que le rempart de Moussoulens protège alors Narbonne.
- Bief de l’Aude : la chaussée qui retient les eaux du fleuve assure la navigation d’un mouillage suffisant. Ce barrage fut néanmoins construit au 15ème siècle pour l’usage des moulins de Narbonne. Il a été équipé récemment d’une passe à poisson.
- Déversoir du Gailhousty (1785) : cet imposant bâtiment marque l’entrée du canal de Jonction. Une série de vannes ouvre le passage aux eaux vers l’étang de Capestang.
Cette rigole de fuite existait avant la construction du canal de Jonction. Réalisée après la grande crue de 1766, elle devait permettre l’atterrissement de l’étang contribuant ainsi à sa mise en valeur.

Epanchoir de Galhousty, 1786
Epanchoir de Galhousty, 1786
Plan et Profils, n.c.

- Ecluse de Gailhousty (1782) : elle se découvre après un pont très élégant auquel des escaliers sont accolés.
Le bief qui s’ouvre est protégé des crues par de fortes digues qui l’enserrent jusqu’à l’écluse de Sallèles.
- Embranchement canal de Jonction - canal du Midi : l’entrée dans le canal du Midi se fait dans le grand bief au point kilométrique 168,700. Ce bief est long de 54 kilomètres, entre l’écluse d’Argens en amont et celle de Fonserannes en aval.
- Pont canal de Cesse : construit sur les recommandations de Vauban par l’entrepreneur Jean Goudet en 1688, il franchit la rivière de Cesse sur 3 arches. C’est le plus grand pont canal de sa génération.
- Rigole d’alimentation de Cesse : après la mise en service du pont canal, les eaux de la Cesse continuèrent d’alimenter le canal grâce à la réalisation d’une rigole qui débute prés du village de Mirepeisset (chaussée de la Roupille). L’arrivée dans le canal emprunte l’ancien tracé de la ligne navigable.
- Sur la rive opposée, se trouve l’épanchoir des Patiasses, construit vers 1694. Grâce à un système de vannage étagé, cet ouvrage permet de réguler le niveau d’eau dans le canal. Les crues de la Cesse parfois violentes peuvent y faire irruption et causer de grands dégâts. Les systèmes de régulation sont alors indispensables pour rétablir l’équilibre. Les épanchoirs permettent également de vider les biefs lors des mises à sec.
- Le port du Somail (fin 17ème siècle) doit son succès à sa position stratégique, intersection entre le canal et la grande route de Narbonne à St Pons. Une activité portuaire se développa rapidement autour du pont qui rétablissait le passage routier. Puis, le choix de l’administration du canal pour y implanter une halte de la barque de poste accéléra l’équipement du site. Le hameau s’est vite organisé autour de l’auberge, de la chapelle et de la maison du receveur (aujourd’hui détruite). Des magasins et des maisons d’habitation viendront ensuite compléter l’occupation de l’espace disponible.