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Histoire et Archives
 

Chronologie du canal des deux mers

 
 

Petite chronologie du canal du Midi et du canal de Garonne

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publié le 3 juin 2008 (modifié le 13 juin 2008)

Depuis la nuit des temps, l’idée de relier l’Atlantique à la Méditerranée a toujours animé l’esprit des hommes, et en particulier, l’ambition des rois et des puissants qui ont gouverné la France. Une liaison fluviale pour développer les territoires, favoriser le commerce des marchandises et la communication entre les hommes, mais aussi pour des raisons de stratégie politique. Au-delà de l’ampleur du chantier, restait à trouver l’eau pour l’alimenter.

Affiche pour le recrutement de travailleurs, 1669
Affiche pour le recrutement de travailleurs, 1669
Fa 017-16

XVIIème

1597 - Henry IV commande à Pierre Reneau, maître niveleur originaire de Saint Martin de Crau (Provence), une étude pour établir un canal de jonction entre les fleuves Garonne et Aude.

1609 - Naissance présumée de Pierre-Paul Riquet à Béziers.

1633 - Édition à Paris du projet d’Etienne Richot, ingénieur du Roi et d’Antoine Baudan, maître des ouvrages royaux en Languedoc « pour la jonction de la Mer Océane avec la Méditerranée ».

1634 -1648 - Pierre-Paul Riquet occupe le poste de receveur des gabelles (impôt sur le sel) dans la ville de Mirepoix. Il s’intéresse au débat sur la création d’un canal à travers le Languedoc.

1648 -1660 - Pierre-Paul Riquet, devenu fermier des gabelles pour le haut Languedoc, s’installe à Revel. Il étudie les possibilités de construire un canal reliant les bassins de l’Aude et de la Garonne. Il découvre qu’en Montagne Noire, tout un réseau de ruisseaux et rivières assurera l’eau nécessaire à son canal.

1652 - Riquet achète le château de Bonrepos dominant la vallée du Girou. Il y engage de grands travaux de reconstruction.

Traité Riquet - Pascal, 1679
Traité Riquet - Pascal, 1679
Fa 484-01

15 novembre 1662 - Du château de Bonrepos qu’il habite depuis peu, Pierre-Paul Riquet écrit la lettre à Colbert par laquelle il lui présente son projet de canal.

18 janvier 1663 - Louis XIV, séduit par cette initiative et convaincu des bienfaits pour sa gloire et son peuple, ordonne l’examen du projet par des commissaires du Royaume et de la Province du Languedoc.

07 novembre 1664
11 janvier 1665
- La commission d’enquête enfin réunie fait un examen détaillé du projet et émet un avis favorable à sa réalisation.

07 octobre 1666 - Louis XIV signe « l’Edit de construction pour le canal des mers Océane et Méditerranée ». Il prévoit l’érection du canal en fief avec des droits de justice étendus.

14 octobre 1666 - Pierre-Paul Riquet devient adjudicataire des travaux de construction du canal, de Toulouse à Trèbes, pour la somme considérable de 3,630 millions de livres.

1er janvier 1667 - Début officiel des travaux de construction. Les premiers chantiers sont lancés sur le système d’alimentation en Montagne Noire.

17 avril 1667 - Pose de la première pierre du barrage de Saint-Ferréol. Commence alors l’un des plus grands chantiers engagés par Riquet.

17 novembre 1667 - A Toulouse, la première pierre de l’écluse de descente en Garonne est posée. La construction du canal peut commencer.

13 mai 1668 - Riquet achète aux enchères le fief et péages du canal. Il devient dès lors le « Seigneur du canal du Languedoc ». A ce titre, il pourra percevoir à son compte les taxes instituées sur les marchandises et les personnes transportées.

Août 1668 - Sur les conseils de Riquet, le Roi décide de faire prolonger le canal de Trèbes jusqu’à l’étang de Thau.

03 juin 1669 - Pierre-Paul Riquet devient adjudicataire des travaux du canal, de Trèbes à l’étang de Thau, ainsi que de la construction du port de Sète, pour la somme de 5,832 millions de livres. Les chantiers s’accélèrent. On compte jusqu’à 8000 ouvriers à la tâche.

1672 - La construction du système d’alimentation est en voie d’achèvement. La section du canal entre Toulouse et Naurouze est mise en eau.

Janvier 1673 - Les excavations du canal de l’étang de Thau jusqu’à Béziers touchent à leur fin. La construction des ouvrages d’art peut commencer.

27 mars 1673 - Pierre Roux signe un contrat par lequel il s’engage à construire des barques pour les besoins de la navigation sur le canal.

1674 - Inauguration et ouverture à la navigation entre Toulouse et Castelnaudary. Le creusement du canal se poursuit de Castelnaudary vers l’aval, ainsi que de Béziers vers le Minervois.

1676 - Emmanuel de l’Estang, architecte, prend en charge la réalisation du pont-canal du Répudre, devenu aujourd’hui le plus ancien pont-canal d’Europe !

1678 - Les travaux de construction de l’écluse à huit bassins de Fonserannes sont lancés prés de la ville de Béziers. « L’escalier de Neptune » est l’ouvrage le plus majestueux du canal !

Novembre 1679 - Début du percement du tunnel du Malpas à Nissan-les-Ensérunes. Dernier grand chantier conduit par Pierre-Paul Riquet, il sera achevé durant l’été 1680.

Plan d'une écluse, 1693
Plan d’une écluse, 1693
Fa 466-01

Août 1680 - Pierre-Paul Riquet tombe gravement malade, et meurt le 1er octobre 1680 à Toulouse. Il est inhumé le 2 octobre 1680 en la Cathédrale Saint-Etienne. Son fils aîné, Jean-Mathias Riquet, poursuit les travaux.

15-25 mai 1681 - Mise en eau complète du canal et première navigation solennelle entre Toulouse et Sète. A l’issue de cet essai réussi, le canal est vidé afin d’en parfaire les ouvrages.

31 mars - 9 avril 1683 - Nouveau voyage d’inspection sur la totalité du canal. Les représentants du Roi se montrent satisfaits de son fonctionnement.

Juillet 1684 - L’Intendant Henry d’Aguesseau procède à une inspection complète du canal et rédige le procès-verbal de réception des ouvrages. Les héritiers de Pierre-Paul Riquet sont exemptés de tout travaux complémentaires.

1685 - Le canal s’ensable rapidement. Les charges d’entretien ne sont pas compensées par les taxes perçues sur la navigation. Les héritiers de Riquet sont écrasés par les dettes qui s’accumulent.

Janvier-février 1686 - Le Roi Louis XIV envoie Vauban, Commissaire général aux fortifications du royaume, inspecter le canal. Par mémoire, en date du 5 mars 1686, celui-ci préconise la construction de multiples ouvrages afin de limiter l’ensablement du canal.

1687-1694 - Antoine de Niquet dirige ce programme : édification de 48 aqueducs et ponts-canal, creusement des contre-fossés, renforcement du système d’alimentation et rehausse de la digue de Saint-Ferréol, pour porter sa capacité à 6,3 millions de m3.

1694 - A cette date, le canal peut être considéré comme terminé. Il aura mobilisé jusqu’à 12000 hommes et femmes au plus fort des travaux. Le coût total de la construction s’élève à plus de 17 millions de livres. Pour payer les dettes, les héritiers Riquet devront vendre une partie des parts de la propriété du canal.

XVIIIème

1701 - Le voyage du Duc de Bourgogne et du Duc de Berry est l’une des toutes premières visites princières sur le canal royal de Languedoc.

1724 - Après avoir racheté les parts, les héritiers de Riquet redeviennent seuls maîtres de la propriété du canal.

" Dessin d'une porte d'écluse pour le canal de Narbonne ou de jonction, 1785 "
" Dessin d’une porte d’écluse pour le canal de Narbonne ou de jonction, 1785 "
Fa 479-03

1725 - 1730 - Un programme de mise en valeur des berges par l’aménagement de plantations d’arbres (mûriers) est initié. De cette époque date la création des premières pépinières.

1765 - Un recensement de la batellerie dénombre 224 barques marchandes qui commercent quotidiennement entre Agde et Toulouse.

1765 - Grande phase de plantation sur le canal. L’essence privilégiée est celle du peuplier.

1768 - 1776 - La construction du canal Saint-Pierre (canal de Brienne) à Toulouse ouvre la liaison entre la Garonne (bief du Bazacle) et le canal, via le port de l’Embouchure.

1777 - 1782 - Ouverture du canal de Jonction et de la Robine de Narbonne. En Montagne Noire, le réservoir du Lampy est creusé pour assurer un volume d’eau supplémentaire à l’alimentation du canal.

1789 - 1810 - Construction et ouverture de la déviation de Carcassonne, refusée à l’origine par les autorités de la ville. L’ancien tracé de Riquet, empruntant la vallée du Fresquel, est abandonné.

1793 - Pendant la Révolution française, les parts de propriété de la famille Riquet de Caraman sont confisquées. Le canal devient alors une régie des Domaines. Par manque d’entretien, son état se dégrade.

XIXème

1810 - Napoléon 1er crée la Compagnie du Canal du Midi (cette appellation prévaudra sur celle de canal de Languedoc). Il vend à cette société la majorité des parts détenues par l’Etat.
Cette recette permettra de financer la réalisation de nouveaux canaux dans le Nord et l’Est de la France.

1825 - 1826 - Afin de commémorer le génie de Pierre-Paul Riquet, un obélisque de pierre est érigé à Naurouze, pont culminant du canal (189m d’altitude).

" Plan des localités pour l'établissement de l'usine projettée par M. Dalmas à l'écluse de Gay, 1817 " (extrait)
" Plan des localités pour l’établissement de l’usine projettée par M. Dalmas à l’écluse de Gay, 1817 " (extrait)
Fa 479-03

1828 - Un service spécial des Ponts et Chaussées est chargé d’étudier les moyens d’améliorer le transport fluvial de marchandises entre Toulouse et Bordeaux. La navigation sur la Garonne était trop souvent source de dangers pour les bateaux et les équipages. Le fleuve connaît trop souvent des périodes de crues ou d’étiage (basses eaux) qui freinent le commerce. Jean-Baptiste de Baudre, Ingénieur en chef des Ponts et Chaussées installé à Agen, envisage la réalisation d’un canal parallèle au fleuve qui permettra d’assurer la navigation des barques en toute saison.

1838 - 1856 - Le canal latéral à la Garonne est construit entre Toulouse et Castets-en-Dorthe en Gironde (193 km). La gestion des tronçons progressivement achevés est confiée à la Compagnie des Chemins de Fer du Midi, créée en 1852.

1854 - 1857 - Sur le canal du Midi, les ouvrages du Libron à Vias et le pont-canal de l’Orb à Béziers sont construits. Ce dernier évite le passage dangereux des barques sur une section de l’Orb.

1856 - La barque de patron « Marie Thérèse » sort des chantiers de construction navale de Toulouse, prés du pont des Demoiselles. Aujourd’hui restaurée, elle témoigne de l’histoire de la batellerie du Midi.

1er juillet 1858 - La Compagnie des Chemins de Fer du Midi prend la totalité de la gestion du canal du Midi pour une durée de 40 ans. Une politique tarifaire, favorable au rail, est mise en oeuvre. Le trafic ne cesse de décroître sur le canal et de nombreux bateliers cessent leur activité.

1850 - 1880 - Grande phase de renouvellement des plantations. Le platane devient l’essence dominante et imprimera son empreinte sur « l’image » du canal.

Novembre 1897 - Une loi autorise l’État à racheter le canal du Midi, pour près de 40 millions de francs. Le Service des Canaux du Midi assure désormais la gestion du réseau compris entre l’étang de Thau et Castets-en-Dorthe. Le transport de marchandises retrouve un régime de croissance grâce notamment à la suppression des droits de navigation.

XXème

1903 - Les Canaux du Midi bénéficient d’un large programme de modernisation. Stoppé par la Première Guerre mondiale, il sera progressivement abandonné.

1913 - Le bas-relief en marbre des Ponts-Jumeaux (1773-1775) à Toulouse, oeuvre de François Lucas est classé au titre des Monuments Historiques.

Bas-relief de Lucas, 1773
Bas-relief de Lucas, 1773
Fa 686-10

1942 - Le pont-canal du Répudre est classé Monument Historique.

1970 -1973 - Dans le cadre du VI° Plan, le gouvernement français octroie un important crédit pour l’allongement des écluses à 40 mètres, permettant ainsi le passage des péniches Freycinet, et la liaison des canaux du Midi avec le réseau national. Le canal latéral à la Garonne est entièrement modernisé.

1973 - Un système de pente d’eau (une première mondiale !) est mis en service à Montech (Tarn-et-Garonne). Elle permet de franchir l’équivalent de 5 écluses en une seule fois. Toujours en activité, cet ouvrage constitue aujourd’hui une véritable curiosité régionale.

1977 - Poursuite du programme de modernisation du canal du Midi (VII° Plan). Les extrémités est et ouest du canal du Midi, ainsi que les canaux de Jonction et de la Robine sont aménagés.

1984 - L’Etat suspend le programme de modernisation du canal du Midi. La section comprise entre les écluses du Sanglier (Haute-Garonne) et celle d’Argens-Minervois (Aude), sur 140 kilomètres, conserve le gabarit d’origine (30.50m).

1989 - Le propriétaire de la péniche « Bacchus », dernier batelier du canal du Midi, cesse son activité.

1990 - L’Etat abandonne définitivement le programme de modernisation du réseau du Midi.

1991 - Création de l’établissement public Voies navigables de France en charge de l’exploitation, de l’entretien et de la valorisation de la majeure partie du réseau national (6700 kilomètres). Apparu dans les années 1980, le tourisme fluvial est identifié comme la nouvelle grande vocation économique du réseau du Sud-Ouest. Elle sera complétée par d’autres activités, hydrauliques pour l’agriculture, ludiques et sportives pour des populations en quête de détente, dans un environnement naturel préservé.

7 décembre 1996 - Reconnaissante de la qualité exceptionnelle de l’ouvrage et de sa valeur universelle, l’UNESCO classe le canal du Midi sur la prestigieuse liste du Patrimoine Mondial de l’Humanité. Sont également compris dans le périmètre, le système des sources du canal en Montagne Noire, les canaux de Jonction, de la Robine ainsi que celui de Brienne à Toulouse.

Avril 1997 - L’État inscrit ces canaux au titre des Sites de France, protégés par la loi de 1930.

2000 - Les derniers exploitants de la péniche « Babette » arrêtent leur activité de transport de céréales sur le canal de Garonne.

2007 - 679 bateaux de location et 63 bateaux à passagers font des canaux du Midi, une véritable destination touristique à la renommée internationale.

Certificat d’inscription sur la Liste du patrimoine mondial, 1996

Vous pouvez également visionner cette chronologie sous forme de dépliant au format pdf.

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